Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 17:02

Après la parution de ce texte sur notre blog, on ne pourra plus jamais dire que nous évitons de regarder nos incohérences en face...

 

Syndicats : les jaunes, les capitulards et les autres

Pourquoi appeler à une nouvelle grève simplement le 23 septembre, alors que le projet de réforme des retraites passe devant l’Assemblée nationale le 15 ? A la suite de l’extraordinaire mobilisation de mardi dernier – les plus importantes manifestations en France depuis 15 ans -, ne fallait-il pas battre le fer tant qu’il est chaud, augmenter la pression sur le gouvernement ? Certainement, si c’est le retrait du projet que l’on veut. Mais plumedepresse publie un document exclusif qui prouve toute l’ambiguïté de la CGT sur cette question.

Il y a d’abord les discours officiels, d’aucuns diront de façade : « Plus l’intransigeance dominera, plus l’idée de grèves reconductibles gagnera les esprits », prévient le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, dans un entretien accordé au Monde titré Nous n’avons pas l’intention de lâcher  (la version gratuite ne livre qu’un rapide résumé, mais d’autres extraits sont livrés par L’Expansion). Sur le fond du dossier, il règle rapidement leur sort aux concessions lâchées par Nicolas Sarkozy après l’exceptionnelle mobilisation de mardi : « ce qu’il a annoncé est à la marge au regard des désaccords de fond. Le dispositif de la pénibilité reste subordonné à des critères médicaux et individuels. Le renvoi à des négociations de branches n’oblige à aucun résultat alors que le patronat y est hostile. Les aménagements sur les carrières longues restent flous et la réforme reste fondamentalement injuste. » D’où sa mise en garde : « on peut aller vers un blocage, une crise sociale d’ampleur. » Entre parenthèses, si les propositions sarkozystes sont évidemment loin de rendre acceptable un projet qui demeure inique, ainsi que le dénonce toute la gauche et les syndicats de salariés, c’est encore trop pour certains, comme le relaie le journal Les Echos : « Une autre salve de critiques, qui gênera beaucoup moins l’exécutif, est venue des organisations patronales : elles sont montées au créneau hier pour dénoncer à l’inverse l’élargissement de la prise en compte de la pénibilité. « Il y a là un risque non négligeable sur le bénéfice financier attendu de cette réforme », affirme la CGPME. » On parle là de gens qui vont mourir prématurément, atteints de maladies ou handicaps professionnels, et ce syndicat patronal répond « bénéfice financier » : obscène ! Au moins, c’est clair, on sait qui sont, avec l’UMP, nos ennemis de classe. Sans oublier évidemment le Medef, qui proposait les seuils de 63 et 67 ans et s’oppose à toute taxation du capital, de même qu’à un dispositif de prise en compte collective de la pénibilité. Parenthèse refermée : dans ce contexte, comment organiser la riposte et forcer le gouvernement à reculer ? Voici le communiqué commun signé par CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU et UNSA : « Fortes de la réussite exceptionnelle du 7 septembre les organisations syndicales considèrent que les annonces du président de la République, qui se voulaient une réponse aux mobilisations, ne modifient pas le caractère injuste et inacceptable de la réforme proposée. Réunies le 8 septembre 2010 elles décident de poursuivre et d’amplifier le processus de mobilisation pour obtenir des mesures justes et efficaces afin d’assurer la pérennité du système de retraites par répartition. Elles appellent à faire du mercredi 15 septembre, jour du vote par les députés du projet de loi, une journée forte d’initiatives et d’interpellations des députés, des membres du gouvernement et du Président de la République dans les départements et les circonscriptions. Avant le débat au Sénat elles décident de faire du jeudi 23 septembre une grande journée de grèves et de manifestations dans tout le pays. »

Le 23 septembre ? Sur @rrêt sur images, Daniel Schneidermann réagit ainsi à cette date, et il résume si parfaitement le fond de notre pensée que nous le citions déjà dans notre billet où nous appelions à la grève générale pour obtenir le retrait du projet : « Pourquoi pas plus tôt ? Deux millions et demie de personnes dans la rue, ça donnait de l’élan. Vu de loin, très humblement, il me semble que la seule action qui soit de nature à faire reculer le gouvernement, à le faire renoncer à ce report de l’âge légal de la retraite que chacun (…) juge suprêmement injuste, puisqu’il vise à faire payer par les ouvriers les retraites des cadres, la seule chose, c’est une grève générale reconductible, comme en 95. Avec blocage général de l’économie, pas de métros, trains à l’arrêt, et apoplexie quotidienne pour Jean-Pierre Pernaut. Hors de cette épreuve de force majeure, on est dans l’ajustement, le dosage, l’homéopathie. Donc, autant dire que les 60 ans (et 65 ans à taux plein), les syndicats font une croix dessus. » Ainsi donc, tout en proclamant, bravaches, « Nous n’avons pas l’intention de lâcher » , les syndicats auraient déjà capitulé ? Vous noterez que ni FO, ni Solidaires n’ont signé le communiqué commun. Explication dans La tribune : « Force Ouvrière et Solidaires ont confirmé ce jeudi leur participation à la nouvelle journée de grèves et de manifestations du 23 septembre contre la réforme des retraites décidée par six syndicats mercredi (…). Les deux centrales syndicales n’avaient pas signé l’appel de l’intersyndicale, souhaitant initialement ne pas attendre cette date pour manifester à nouveau. FO, dirigée par Jean-Claude Mailly, a précisé qu’elle défilera « sur son propre mot d’ordre » , à savoir l’exigence d’un retrait du texte gouvernemental. La centrale a également indiqué que ses syndicats mèneront des actions le 15 septembre, jour du vote du projet de loi à l’Assemblée nationale, en première lecture. C’est également ce qu’a a annoncé l’intersyndicale. De son côté, Solidaires a confirmé sa position prise mercredi de ne pas signer le communiqué commun. « Nous ne sommes pas d’accord sur la stratégie d’action qui consiste à reporter au 23 les suites du 7, a expliqué à Reuters Thierry Lescant, membre du secrétariat général. Il faut inscrire un mouvement dans la durée, impulser un rythme, une montée en puissance. Le 23 doit être suivi du 24, du 25, du 26… » Solidaires ne restera pas pour autant isolé ou inactif, a-t-il ajouté. « Nous appellerons à manifester le 23 sur la base de nos revendications et nous nous réservons le droit de lancer nos propres intiatives d’ici là. » On s’interroge sur ce refus des autres syndicats – moins dans le cas de la CFDT, que nous surnommions dans un billet de janvier 2009 Confédération française démobilisatrice des traîtres aux travailleurs ! – de réclamer le retrait du texte, puisqu’il est en fait inacceptable en tous points et qu’il conviendrait de tout reprendre à zéro. Ne pas imposer le retrait revient à négocier à partir de mauvaises bases, pour aboutir quoi qu’il advienne à un résultat catastrophique pour les salariés. Hélas, les directions syndicales semblent avoir choisi, en se gardant bien de le dire, la voie de cette complicité avec le gouvernement pour empêcher que la contestation ne prenne trop d’ampleur. Ce que confirme un document que nous nous sommes procuré, émanant de l’Union départementale de la CGT de l’Isère.

Signé du secrétaire de l’UD, Patrick Brochier, ce courrier électronique adressé aux partenaires de l’intersyndicale est éloquent. Et qu’on ne nous objecte pas qu’il s’agit d’une correspondance privée ! Derrière ces organisations syndicales, il y a des militants qui paient leurs cotisations pour être représentés par ces gens-là. Ils ont le droit de savoir ce qui se trame et notre devoir d’informer nous impose cette publication, dusserait-elle faire grincer quelques dents. En voici donc le texte complet : « Aux camarades de la FSE, UNEF et UNL, copie aux OS de salariés : à la demande du secrétariat de l’UD réuni ce matin, il vous est demandé de réfléchir encore un instant concernant la phrase du RETRAIT que nous ne voulons pas voir figurer dans l’intervention publique demain place de Verdun. Ce qui est important, c’est que nous voulons tous d’autres solutions pour l’avenir de nos retraites et notamment vous les jeunes, retrait ou pas retrait. Stratégiquement, nous avons peur que le seul retrait soit une victoire sans lendemain car elle n’aurait pas résolu le problème du financement qui resterait entier. Et vraiment, relancer la bagarre derrière pour des solutions alternatives risque d’être très difficile… Donc, SVP, ne compliquez pas ce qui peut être très simple et ne change rien sur le fond de notre volonté commune de mettre le gouvernement sur le reculoir et qui va l’être si nous ne tombons pas dans ce type de débats démobilisateurs. Retirez cette phrase et tout sera OK pour demain. Sinon nous interprèterions cela comme une volonté de briser l’unité. FOa été écartée de la délégation en préfecture. L’intervention unitaire ne fait pas mention du retrait. Il n’est pas concevable que vous restiez sur cette position alors qu’il n’était pas prévu au départ d’autre intervention que celle unitaire des syndicats de salariés, qui sont les interlocuteurs du gouvernement sur ce sujet, devons-nous vous le rappeler. J’attends confirmation. »

Heureusement, la CGT s’est faite royalement envoyer sur les roses : « Nous sommes extrêmement surpris par ce courrier de l’UD CGT. Les divergences politiques entre les organisations syndicales unies dans l’action ne doivent pas avoir pour conséquences d’empêcher la liberté d’expression et d’analyse des organisations qui composent l’intersyndicale, répond Jean-Paul Portello, pour l’union syndicale Solidaires de l’Isère. Dans l’intersyndicale, tout le monde ne partage pas le même point de vue sur le retrait ou la négociation du projet. Le texte commun a été rédigé de façon à ne trahir aucune des analyses politiques. L’éviction de FO de la délégation syndicale en préfecture, et la menace d’éviction des syndicats de jeunesse, sont non seulement contraires au respect des différences de points vue et de l’unité d’action en cours, mais plus grave encore ils imposent à l’intersyndicale l’axe de la négociation. Ce débat n’a pas encore été tranché au niveau national, il n’a pas à l’être en Isère. Solidaires est favorable au RETRAIT du projet de loi, nous sommes en désaccord avec ceux qui privilégient la négociation du projet, néanmoins nous respectons ces choix et la volonté de les exprimer. Le contraire serait de la censure politique. C’est pourquoi nous ne tairons pas nos revendications, y compris devant le préfet. Ce serait naïf de croire que le préfet, le gouvernement et le patronat, ignorent nos différences d’analyse. Nous participerons donc à la délégation unitaire qui rencontrera le préfet, sur la base de l’appel commun et sans exclusion aucune des positions encore en débat. Si la CGT veut s’opposer à la liberté d’expression d’une ou plusieurs organisations signataires, ou si elle veut imposer un point de vue, quel qu’il soit, ce serait la CGT qui porterait la responsabilité politique de briser l’intersyndicale. » Peut-on imaginer que la position du syndicat de Bernard Thibault soit différente en Isère qu’ailleurs ? Que ces pressions pour empêcher de réclamer le retrait du projet n’obéissent pas à des directives nationales ? Nous vous en laissons juge. En attendant, si l’on veut obtenir la victoire dans le combat contre la réforme antisociale des retraites, il va falloir composer avec certains syndicats, pour reprendre l’expression du secrétaire cégétiste de l’Isère, pour le moins « sur le reculoir ».

Par cgt.upvd
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 16:57

Démocratie & Socialisme

Non, le report de l’âge légal de 60 à 62 n’est pas inévitable.

samedi 11 septembre 2010 par Jean-Jacques Chavigné
 
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Vendredi 10 septembre, sur France-Inter, Bernard Maris affirmait que le report de l’âge légal de date en retraite de 60 à 62 ans était inévitable car la majorité des salariés avait à 60 ans les annuités nécessaires à une retraite à taux plein.

Cette affirmation de Bernard Maris rencontrait - qui s’en étonnerait ? - l’entier assentiment du néolibéral Dominique Seux avec lequel il était supposé débattre.

 

Cette affirmation ne peut pourtant, en aucun cas, prétendre à l’objectivité que revendiquaient les deux compères.

Pour le Conseil d’Orientation des Retraites, l’âge moyen de départ en retraite est égal à 61,5 ans et l’âge moyen de sortie définitive du marché du travail est de 58,5 ans.

60 % des salariés du secteur privé qui prennent leur retraite ne sont plus, en effet, au travail. Ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité. Avec un report de 2 ans de l’âge légal de départ en retraite, c’est 10 % à 15 % de salariés supplémentaires qui se retrouveraient dans cette situation et partiraient donc avec une retraite minorée, contrairement à toutes les affirmations péremptoires de M. Sarkozy. En effet, les droits acquis pour la retraite sont loin d’être identiques selon que l’on est au travail, au chômage, en invalidité ou en maladie. De surcroît, le problème serait reporté sur les caisses d’assurance maladie ou d’assurance chômage. Quel serait l’intérêt de ce report ?

L’espérance de vie en bonne santé est de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes. Pour un ouvrier, l’espérance de vie (calculée à l’âge de 35 ans) est inférieure de 10 ans à celle d’un cadre. Comment, dans ces conditions, peut-on estimer que 2 ans de retraite en moins ne pourraient avoir qu’une importance très relative et n’être qu’un paramètre comme un autre ?

 

Les salariés qui ont, aujourd’hui, le nombre d’annuités suffisantes pour partir en retraite à 60 ans ont commencé à travailler tôt, parfois très tôt, sans pour autant pouvoir profiter des dispositions de plus en plus restrictives de départ anticipé en retraite pour les carrières longues. S’appuyer sur cette réalité pour vouloir les faire travailler après 60 ans est donc particulièrement cynique.

Reporter de deux ans l’âge de départ en retraite, c’est soit allonger le temps durant lequel des salariés qui ne sont déjà plus travail ne seront pas pour autant en retraite, soit laisser au travail des salariés âgés alors que des centaines de milliers de jeunes ne trouvent pas de travail.

 

Pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy, le passage de l’âge légal de 60 à 62 ans implique le passage de 65 à 67 ans de l’âge auquel un salarié pourrait bénéficier du taux plein (50 %) même s’il n’a pas le nombre de trimestres nécessaires. 25 % des femmes, aujourd’hui, ne bénéficient du taux plein qu’à 65 ans. Faudra-t-il qu’elles attendent deux ans de plus pour bénéficier de ce taux ? Et dans quelle situation attendraient-elles d’avoir 67 ans ? Au chômage (alors que Christine Lagarde a fait savoir sa volonté d’en finir avec la dispense de recherche d’emploi pour les salariés âgés) ou sans aucune ressource autre que le RSA ?

 

Maris et Seux avancent l’exemple de l’Allemagne pour justifier la régressions des retraites en France. Il faut cependant savoir qu’en Allemagne le report de l’âge légal à 67 ans dont les libéraux nous rebattent les oreilles ne se fera qu’en 2029. Par ailleurs, seulement 21,5 % des salariés allemands de plus de 60 ans ont aujourd’hui un travail (cf.Le Monde de l’économie du 7 septembre) ce qui relance le débat au sein du SPD, lui qui est convaincu d’avoir perdu les élections pour avoir accepté le passage à 67 ans alors que 80 % des allemands y étaient opposés. Si les salariés allemands ont subi, au cours des dernières années, une défaite sociale extrêmement dure, nous n’avons aucune raison d’accepter de subir les conséquences dans notre pays. Il faut, enfin, savoir que la situation démographique française n’a rien à voir avec la situation démographique allemande. En France, selon l’institut Nationale d’Etudes Démographiques (INED), le taux de fécondité des femmes est égal à 2,09 enfants par femmes (assurant ainsi le renouvellement des générations) alors qu’il n’est que de 1,5 en Allemagne. Dans ces conditions, comme le souligne l’économiste Dominique Taddéi, vouloir imposer des règles européennes communes à l’évolution des retraites revient à « fixer la même politique de chauffage pour Helsinki, l’Andalousie ou la Sicile ! »

 

Pourquoi, enfin, le report de l’âge légal serait-il « inévitable » ? Il n’est « inévitable » que pour ceux qui veulent ignorer qu’il est tout à fait possible de financer nos retraites par répartition sans toucher à l’âge légal ou à la durée de cotisation mais en augmentant les cotisations retraites et en priorité les cotisations retraites patronales. Sarkozy a d’emblée, refusé tout débat sur le montant des cotisations retraites. La contre-réforme qu’il veut nous imposer pèse à 90 % sur les seuls salariés et ne fait qu’égratigner les profits et la rente. Comment Maris peut-il accepter de justifier un tel déni de démocratie ?

 

En refusant de prendre en considération la situation des salariés âgées, des jeunes, des femmes, en refusant de regarder au-delà des caisses de retraites et de s’intéresser aux caisses d’assurance-maladie et d’assurance chômage, en refusant de chercher une solution au problème de nos retraites du côté des recettes et de l’augmentation des cotisations retraites patronales, Bernard Maris ne fait, hélas, que s’aligner sur Nicolas Sarkozy et le néolibéralisme le plus plat, celui de Dominique Seux.

 

Jean-Jacques Chavigné

Par cgt.upvd
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 16:53

BASTA !

Le FMI, DSK, la réforme des retraites et le gel des salaires

Par Ivan du Roy, Nadia Djabali (21 septembre 2010)


Discrètement, le FMI distille ses conseils à la France en matière de politique économique et sociale. À lire sa prose, on se croirait revenu trente ans en arrière, à la grande époque des plans d’ajustement structurel qui ont saigné à blanc nombre de pays « en développement ». Suppression des systèmes de protection sociale, baisse du salaire minimum, privatisation des services (encore) publics… Telle serait la potion magique pour sortir la France et l’Europe de la crise.

 

 

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, candidat virtuel à l’élection présidentielle de 2012, soutient-il l’actuelle réforme des retraites ? Souhaite-t-il une baisse du Smic, un gel des salaires et des prestations sociales ? Envisage-t-il de davantage contrôler les chômeurs de plus de 50 ans dont on connaît la propension à abandonner leur entreprise de leur plein gré ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser à la lecture d’un rapport du FMI : un bilan de santé économique de la France, mis en ligne en plein été. Il s’intitule : « France : la reprise est bien engagée mais il faut réduire la dette publique ». Ce document expose les prescriptions économiques du FMI pour sortir la France de la crise. Il s’agit d’un condensé de divagations néo-libérales.

« La reprise sera plus forte et plus durable si les autorités donnent suite à leur engagement d’assainir les finances publiques, consolident la stabilité financière et appliquent des réformes structurelles axées sur la croissance. » Pour l’instant, rien de bien méchant au-delà de l’inévitable ritournelle de la dette, critiquée par le manifeste des économistes « atterrés ». Assainir les dépenses, donc, mais pas n’importe lesquelles ! Pas question de faire opposition au chèque de 210 millions d’euros signés par Bercy à Bernard Tapie, ni de supprimer le bouclier fiscal, encore moins de rapatrier les comptes épargnes off-shore des grandes fortunes…

 

Travailler plus, se soigner moins

Pour remettre la France sur les rails de la reprise, des efforts doivent être consentis… par ceux qui bossent. L’allongement de l’âge de départ à la retraite et l’augmentation de la durée de cotisations sont observées d’un œil attendri au FMI. « Pour préserver la viabilité budgétaire sans compromettre la reprise, les efforts d’ajustement doivent être concentrés sur les mesures qui nuiront le moins à l’activité économique, à savoir la réforme des prestations des systèmes de retraite et de santé. » Traduction : la multiplication des salariés âgés et fatigués, et l’augmentation de personnes en mauvaise santé ayant du mal à se faire soigner « nuiront le moins à l’activité économique », ils ne servent plus à grand chose à part grever le budget. Donc il est acceptable de réduire les dépenses – finalement inutiles – dont ils profitent impunément : l’assurance vieillesse et santé, deux piliers déjà fissurés de notre Sécurité sociale.

Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, ne s’y est pas trompé : « Le PS vient de se prendre un camouflet à travers le rapport du FMI, dirigé par Dominique Strauss-Kahn, qui rend hommage à la politique du gouvernement contre la crise et critique indirectement la critique permanente (sic) de Martine Aubry et du PS. », écrivaient ses petites mains, début août, sur la page facebook de l’ex député.

 

Salaires et fonctionnaires : toujours trop chers

Plus classique, la baisse du nombre de fonctionnaires est bien évidemment perçue comme un levier, à généraliser. « Outre la maîtrise des dépenses de l’administration centrale et du système de sécurité sociale, il importe de poursuivre les efforts en cours pour limiter les dépenses des collectivités locales. » Aux régions, départements et mairies de subir à leur tour des plans d’ajustement structurel ! Faut-il également baisser le nombre de fonctionnaires internationaux du FMI ? La note ne le dit pas.

Ce n’est pas tout, loin de là. « Pour accroître la compétitivité de l’économie française et mettre à profit l’expansion du commerce international, il faut de nouveau privilégier les mesures propres à modérer la croissance des coûts salariaux, intensifier la concurrence et promouvoir l’innovation », poursuit le FMI. Vous apprécierez le choix de « modérer la croissance des coûts salariaux » plutôt qu’un brutal « gel des salaires » qui risquerait d’exciter le bas peuple. Nous avons tenté de voir si le FMI souhaitait également « modérer la croissance des coûts des dividendes distribués aux actionnaires ». En vain.

 

Le « jeune » : une entrave à l’efficience du marché

Les collègues de DSK distillent leurs conseils pour créer de l’emploi. Enfin, des mesures salutaires et pragmatiques !, se surprend-on à espérer. « Vu leur impact considérable sur la croissance, il est urgent de miser sur la création d’emplois et l’efficience du marché. Outre les politiques d’activation engagées sur le marché du travail (? ??, ndlr) [1] et les mesures de formation, la modération du salaire minimum devrait être poursuivie afin d’établir progressivement une échelle des salaires incitative pour les jeunes et les travailleurs peu qualifié. »

Traduction de cette novlangue néolibérale : baissez le Smic, et vos entreprises embaucheront des jeunes et des non diplômés. Car quand le FMI emploie le terme « incitatif », c’est uniquement du point de vue des employeurs. Un salaire « incitatif » pour un jeune ne signifie pas un salaire à 1.500 euros, mais plutôt proche de 700 euros. Et avec des allègements de « charges » s’il vous plaît, et sans tickets restaurant ! Car un jeune est un « coût salarial ». La note oublie également le « coût » d’un jeune en nombre de policiers, et donc en fonctionnaires, pour le surveiller. Le jeune ampute vraiment le budget, quelle honte !

 

Les plus de 50 ans, ces grands feignants

Mais il n’y a pas que les jeunes dans la lorgnette du FMI, il y a aussi les « plus âgés », comprenez : les plus de 50 ans. « Pour soutenir l’emploi des travailleurs plus âgés, il convient d’améliorer les incitations à continuer de travailler, notamment par la mise en œuvre effective d’exigences en matière de recherche d’emploi, parallèlement à la réforme du système de retraite. »

Là encore, inciter les plus âgés à travailler ne signifie nullement adapter les postes à leur expérience et à leur âge, ou les aider à se reclasser vers d’autres activités, ou empêcher les entreprises de d’en débarrasser. Non : il s’agit de les faire partir en retraite plus tard et de fliquer davantage ceux qui se retrouvent au chômage après 50 ans. Comme si ces salariés claquaient volontairement la porte de leur entreprise pour aller vivre d’amour, d’eau fraîche et de prestations sociales dans leurs pavillons de banlieue et soigner tranquillement leurs troubles musculo-squelettiques à la charge du contribuable sain. Les licenciements à plus de 50 ans ? Les départs forcés en pré-retraite ? La placardisation préalable à la démission ? Cela n’a jamais existé.

 

Dérèglementer le bien-être

Toutes ces mesures, ainsi qu’une « déréglementation plus poussée des marchés des produits » et « une plus grande libéralisation, y compris dans les services professionnels » seraient « de nature à accroître l’efficience économique et le bien-être ». Vous avez bien lu : le FMI promeut au final le bien-être ! En clair : travailler pour 700 euros de 20 ans à 67 ans, avec à peine trois mois d’indemnités chômage en cas de licenciements, une assurance santé dérisoire, des loyers dérégulés (la concurrence les fera probablement baisser, doit estimer le FMI), des écoles privatisés et payantes, débouchera sur du… « bien-être ». La prochaine note du FMI proposera peut-être le rétablissement de l’esclavage pour retrouver le plein emploi.

Terminé ? Ah si, un oubli à réparer pour ne pas être accusé d’être de mauvaise foi. La note du FMI consacre une trentaine de lignes aux « nouveaux défis de la stabilité financière ». Trente lignes qui ne disent absolument rien à part que « les banques françaises sont sorties relativement plus fortes de la crise financière mondiale » (on se demande comment). Les banques seraient réticentes à prêter de l’argent pour financer l’économie réelle, notamment les PME ? C’est, pour le FMI, la faute de ces mêmes PME ! En langue d’experts, cela donne : « La croissance du crédit privé reste poussive, notamment dans le secteur des entreprises, mais cela semblerait tenir davantage à la faiblesse de la demande qu’à des contraintes de l’offre. » Quant à « assainir » les comptes des banques et de leurs bulles spéculatives à la manière de ceux des États, il n’en est bien évidemment pas question.

Il nous reste à espérer que ce rapport ne sera pas une préfiguration du programme de Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI et candidat potentiel en 2012.

Ivan du Roy et Nadia Djabali

Notes

[1] Nous sommes dans l’impossibilité de vous expliquer ce que signifient « les politiques d’activation engagées sur le marché du travail ». Si c’était le cas, on bosserait au FMI pour dix fois le Smic !!!

En savoir plus

Le bulletin du FMI est téléchargeable ici

Par cgt.upvd
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 16:52

Réforme des retraites : un vocabulaire très pénible

L'étymologie d'un mot révèle bien des choses. Bah !? by CC a ainsi étudié la racine de divers mots et a découvert l'absurdité du débat sur la pénibilité du travail. Et pour cause, ce terme minimise les handicaps qui peuvent toucher de nombreux travailleurs. Voici donc un petit dictionnaire sur la réforme des retraites.



(Dailymotion - travail-solidarité)
Il y a des mots qui, au cours des siècles, subissent la patine du temps.

Par exemple, le mot «angoisse», du latin angustia qui signifie «resserrement», désignait d'abord une maladie, un état psychologique pathologique. Aujourd'hui, bien sûr, ce sens existe encore, mais on peut aussi être «trop angoissé à l'idée de se casser un ongle».

Autre exemple : le travail. A l'origine, c'est tripalium en latin, un objet de torture. Aujourd'hui, évidemment, la «valeur travail» est très positive et même, on se bat pour travailler plus, pour gagner moins. On cherche à tout prix un travail. On est maso...

Dernier exemple : le mot pénible qui vient du latin poena, autrement dit la peine ou encore la punition. On est encore dans le SM...Aujourd'hui, pourtant, on dit sans plus y penser : «Oh ! la ! la ! la ! la ! Ces députés qui crient, à l'Assemblée, ils sont pénibles. Tiens, zappe donc sur France 3, il y a Plus belle la vie».

Bref, le mot «pénible» ne veut plus dire grand chose. Pourtant, c'est bien ce terme que le gouvernement a choisi pour faire sa propagande sur la réforme des retraites. En plus d'être plus pratique en terme de communication, il est faux du point de vue de la loi, car c'est d'invalidité et de handicap qu'il faut parler.

Le terme pénibilité minimise les handicaps liés au travail. Quand on se choppe un trouble musculo-squelettique, ce n'est pas juste pénible, c'est invalidant ou handicapant.

Ce qui est sûr, c'est que cette réforme des retraites m'est angoissante. Surtout avec mon travail pénible.

Retrouvez les articles de Bah !? by cc sur son blog

Samedi 18 Septembre 2010
Bah !? by CC - Blogueus associé


Par cgt.upvd
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 16:42

 

La patrie mondiale du bonheur ? Costa Rica!

En pleine crise des subprimes, le Président découvrit l'utilité sociale de la croissance. Après création d'une commission et remise du rapport, des intentions solennelles furent prises pour modifier le calcul de PIB en incluant des indicateurs alternatifs. Intentions laissées lettre morte, alors que, pris en compte par d'autres organismes ils révèlent des résultats inattendus.



(Flickr - Dotbenjamin - cc)
C’était il y a deux ans tout juste. Nicolas Sarkozy annonçait la création d’une commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social. Le timing était parfait : la crise des subprimes venait de révéler la bêtise d’un système économique, le nôtre, basé sur la seule progression des chiffres. Faisant sienne cette phrase de Robert Kennedy : « Le PIB tient compte de tout sauf de ce qui rend la vie vraiment digne d’être vécu», notre Président s’attelait à la question oh combien fondamentale de l’utilité sociale de la croissance.

Il convoqua alors - et à quel frais personne ne sait - deux prix Nobel. Dont Joseph Stiglitz, Rolls Royce des économistes. Un an plus tard, la Commission rendit son rapport. Elle prônait de remettre « l ‘individu au centre de l’économie » et d’intégrer huit dimensions au futur indicateur de richesses, dont les conditions de vie, la santé, l’éducation… Pendant la cérémonie de remise du rapport, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, tout le monde se congratula d’être tellement intelligents et visionnaires. Notre Président déclara solennel : « la crise ne nous rend pas seulement libre d’imaginer d’autres institutions, un autre avenir, un autre monde. Elle nous y oblige. Nous n’avons pas le choix ». Il promit : « il y aura un avant et un après ce programme. Nous allons adapter notre appareil statistique en conséquence ». Et de prendre J. Stiglitz dans ses bras comme si ensemble, ils venaient de marquer un but en final de Coupe du monde.

Un an plus tard, sur son site, l’Insee se fend de « rapports sur le rapport » de la Commission. Et c’est à peu près tout.

Dommage car remettre en cause notre vision de la puissance et de la richesse est bien au cœur des questions de notre temps. Dommage aussi car les classements alternatifs mondiaux recèlent d’idées pour élites à la ramasse.

Il y a par exemple le Happy Planet Index qui cisaille le concept de PIB en lui associant trois dimensions : bonheur déclaré, espérance de vie et empreinte carbone. Autrement dit : est-il possible d’avoir une belle vie sans ruiner la planète ni les générations futures ? Autrement dit, qu’est-ce qu’être prospère ? En la matière, qui montre la voie ? La Scandinavie ? L’Australie, le Canada ?

Le champion de la prospérité revisitée brille par son absence sur la scène internationale. D’ailleurs, on connaît à peine le nom de son président, surtout depuis que c’est une Présidente. Grand absent de la une des journaux, il tend à prouver que pour vivre heureux, il faut vivre caché. Tout comme nous en somme ! Ce pays, dans lequel les populations vivent longtemps, heureuses et en bonne intelligence avec leur environnement direct, c’est le … Costa Rica. Démocratie en bonne forme, pouvoir des femmes … et puis aussi, vision.

Car le Costa Rica a renoncé à son armée dès 1949. Du coup, le budget alloué s’est reporté sur des programmes sociaux. Aujourd’hui, le pays dépend à 99% d’énergies renouvelables. Géographie exceptionnelle certes mais aussi choix politique fort. La fusion du Ministère de l’Energie et de l’Environnement remonte à 1970, la taxe carbone, autre pétard mouillé de la présidence Sarkozy, à… 1997. Il paraît même que les recettes de la taxe sont versées aux populations indigènes pour qu’elles protègent leurs forêts. La France, celle qui promettait d’imposer à la communauté internationale une autre vision de la croissance, se ratatine à la 71ème place du classement du Happy Planet. Ici, on n’entend plus parler du Bonheur Intérieur Brut. Mais les grands économistes internationaux sillonnent la planète deux fois plus vite pour proposer leurs services à des gouvernements en panne qui liront peut être leur rapport. Et n’en feront rien.


Retrouvez les articles de Flore Vasseur sur son blog et sa chronique sur France Culture

Mercredi 22 Septembre 2010
Flore Vasseur - Blogueuse Associée


Par cgt.upvd
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 08:39

 

Haute fonction publique: le premier qui dit la vérité, il doit être sanctionné

Outré par la suspension d'Aurélie Boullet, l'auteur de « Absolument dé-bor-dée ! », Philippe Bilger salue l'initiative de cette jeune femme grâce à qui, la lumière a pu être faite sur l'état de nos administrations publiques.



(couverture du livre « Absolument dé-bor-dée ! », de Zoé Shpard, éd. Albin Michel, 2010)

Aurélie Boullet a écrit un pamphlet sur son quotidien de haut fonctionnaire dans un Conseil régional. Elle a été suspendue pour deux ans, sans traitement. C'est sous le pseudonyme de Zoé Shepard qu'elle a lancé son pavé dans la mare bureaucratique, Absolument dé-bor-dée !


Puisqu'en définitive on a appris que le Conseil régional d'Aquitaine était le « modèle », force est de constater que sous le scalpel de l'auteur, il n'est pas sorti vivant. Son analyse est, nous dit-on,  totalement fondée sur la réalité qu'elle a pu observer, nombre d'épisodes encore plus criants de médiocrité ayant été éliminés par ses soins.

Les hauts fonctionnaires et les élus de la Région Aquitaine, dénonçant une violation de l'obligation de réserve, sont incapables de démontrer que ce pamphlet fait référence à quoi que ce soit de précis qui permettrait d'identifier leur institution.

Sur les sept membres du conseil de discipline, cinq ont reconnu ne pas avoir lu l'ouvrage et pourtant le conseil n'a pas été gêné pour suspendre deux ans, sans traitement, « sa » victime (Le Figaro Magazine, Marianne). Il faut soutenir la cause de cette jeune femme pour plusieurs raisons.


Cela commence à « bien faire » que ce retour ici ou là d'une conception très élargie de l'obligation de réserve qui interdirait, dans la Fonction publique, de penser, d'écrire et de parler dès lors qu'un discours utile mais critique sortirait de cet exercice de liberté. Il convient de récuser vigoureusement ce paradoxe qui voudrait qu'au moment où les élites politiques, administratives et gouvernementales s'affranchissent de leur réserve, celle-ci ne soit plus imposée qu'aux fantassins et soutiers de la Fonction publique. Le silence serait pour eux et l'expression pour les autres qui ont déjà, en quelque sorte, le langage que leur autorise le Pouvoir sous toutes ses formes.


Apparemment Aurélie Boullet a mis en lumière, avec ses ridicules et son incurie, le fonctionnement d'un conseil régional socialiste. Mais que la gauche se rassure, il n'est pas un des traits et des dysfonctionnements que l'auteur révèle qui ne puisse s'appliquer aux conseils régionaux de droite et plus généralement à l'ensemble de l'administration française, à nos institutions de pouvoir et d'autorité, voire à nos services publics parfois si peu « au service » qu'on s'interroge sur le droit d'être « public ». L'absence d'efficacité, les heures de travail sur lesquelles peu sont effectives, le droit d'accomplir une tâche en une semaine quand elle prendrait, avec intensité, deux heures, le refus viscéral de tout ce qui pourrait donner élan, impulsion et dynamisme, le fait que la mauvaise volonté et l'impolitesse acquises ne doivent surtout pas être déstabilisées - autant de tares qui ne relèvent pas d'une quelconque idéologie mais d'un tempérament collectif qui ne s'honore pas d'être au service des autres mais préfère son petit train-train à l'enthousiasme créateur et actif.


Les Palais de justice, en tout cas celui de Paris, tribunal et cour d'appel, sont de parfaits exemples (à rebours) de cette détérioration au quotidien d'une exigence à la fois technique et humaine. Parce qu'au fond tout le monde « s'en fiche ». Ce sont de trop petites choses pour qu'on s'y intéresse alors qu'elles sont à mon sens capitales et à l'origine de tout ! Les chefs ont tant de missions importantes à assumer mais l'expérience démontre qu'ils ne réussiront pas davantage dans ces domaines qu'ils acceptent que dans les activités dérisoires qu'ils méprisent. Le talent, c'est de savoir d'abord traiter celles-ci pour être dignes des autres. Mais cette terrible vanité éloigne du bon sens, du plus proche qu'on peut résoudre au bénéfice du flou lointain qui demeurera virtuel.



Enfin, et c'est l'argument central en faveur d'Aurélie Boullet, si celle-ci n'avait pas existé ni écrit ni dénoncé, qui aurait fait connaître aux responsables la réalité de leur univers jusqu'aux plus petits détails, jusqu'aux infimes imperfections ? Personne. Pour qui connaît l'administration et ses méandres, les institutions et le cloisonnement qui les sépare en tranches autonomes et autarciques, personne jamais n'alerterait les chefs sur l'état catastrophique ou au moins déficient de ce qu'ils administrent, puisqu'eux-mêmes ne cherchent pas à s'en informer, ce qui serait pourtant la moindre des choses. Ainsi, la charge de connaître mais de demeurer ignorant se délègue et personne n'est à même, jamais, de dévoiler le vrai. Le vrai des choses et des comportements professionnels ne serait-il pas d'ailleurs un impressionnant réquisitoire contre ceux qui font semblant de maîtriser les situations ?


Mais quand une Aurélie Boullet a une vision globale et  le courage de mettre l'indignation, la causticité et la vérité au premier rang, cela change. C'est une bienfaitrice publique. L'avoir suspendue est une honte. C'est aggraver un état qu'elle a permis de soulager.


Plutôt que de la combattre, ce conseil régional et toutes les structures qui pâtissent des mêmes vices feraient mieux de s'attaquer aux maux qui sont les leurs et qu'elle a heureusement nommés.
Retrouvez les articles de Philippe Bilger sur son blog


Dimanche 18 Juillet 2010
Philippe Bilger - Blogueur associé


Par cgt.upvd
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 17:05

http://www.ferc-sup.cgt.fr/site/img-cgt/ferc_coul.jpg

Communiqué de la FERC-Sup CGT

A propos de la politique de gestion des contractuels de l’UPVD.

 


C’est avec une joie non dissimulée que nous annonçons aux personnels la validation par le CA de l’UPVD du projet, soutenu par l’ensemble de la représentation syndicale, présenté en réunion du groupe de travail sur les contractuels par la direction de l’UPVD.


Les principales dispositions retenues sont les suivantes :


Passage à 100% sur la base du volontariat des contractuels en CDI.


Transformation des CDD en CDI à 100% pour les agents recrutés avant le 1er sept. 2008 (6 ans d’ancienneté). CDIsation progressive des personnels contractuels pérennes sur les années à venir à la date anniversaire de leurs 6 ans d’ancienneté.


Alignement de la grille de rémunération des contractuels sur la base du traitement indiciaire des titulaires du premier grade du corps.


Volonté de ne plus précariser les personnels en embauchant désormais sous CDD pour des missions réellement courtes ou en vue de remplacements réellement temporaires (entre 6 et 10 mois).


Avec la même constance avec laquelle nous dénonçons les coups de canifs occasionnellement portés au dialogue social au sein de l’UPVD, nous tenions à saluer cette initiative portée par le Secrétaire Général et la Directrice des Ressources Humaines et validée par le Président de l’Université.

Cette impulsion portée par une nouvelle direction aura été décisive pour aboutir enfin sur ce dossier épineux, largement laissé de coté par l’ensemble des syndicats corporatistes de l’UPVD.


Ce résultat peut ainsi être porté pour une grande part au crédit de notre organisation syndicale, qui n’a cessé depuis plusieurs années, souvent dans l’indifférence générale, de faire valoir son interprétation de la loi de 2005 et de dialoguer, parfois laborieusement à ce sujet avec la direction.

Ce combat qui bénéficie à un grand nombre de nos collègues avait d’abord permis d’en finir avec les honteux contrats de 10 mois qui plaçaient les agents dans une situation précaire insoutenable. Au delà des conséquences sociales de cette politique, nous n’avons eu de cesse de rappeler que la fonction publique devait rester une affaire de personnels titulaires et que le pullulement des contrats précaires, pouvait entraîner une dilution de la nature même du service public.

C’est pourquoi nous nous félicitons de cette décision et veillerons à ce que son application soit conforme aux engagements pris devant les instances syndicales et représentatives de l’UPVD.


La FERC-Sup CGT.

Par cgt.upvd
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 13:53

Baroin annonce la baisse des aides pour le logement et l'emploi


 

François Baroin le 4 mai 2010 à l'Assemblée nationale.

François Baroin le 4 mai 2010 à l'Assemblée nationale. (AFP Jacques Demarthon)


 

Alors que s'ouvre cet après-midi à l'Assemblée le débat sur la préparation du budget 2011, le ministre du Budget François Baroin annonce une baisse des aides, dans une interview publiée mardi par le quotidien les Echos.

Le ministre rappelle l'objectif: «Il s'agit de ramener le déficit public de 8 % du PIB cette année à 6 % l'an prochain.»

 

Les trois principales mesures concernent une révision à la baisse des subventions pour l’emploi des salariés à domicile et pour le logement étudiant ainsi qu’un ralentissement de l'aide aux handicapés.

 

L'emploi des salariés à domicile

«L’aide à domicile fait l’objet de deux avantages, l’un social et l’autre fiscal. Nous ne souhaitons pas toucher spécifiquement à la réduction d'impôt. Mais nous allons supprimer l'abattement de 15 points sur les exonérations sociales, proposé aux ménages qui déclarent leur employé au salaire réel», a déclaré le ministre. Economie escomptée: 300 millions d'euros annuels.

 

L'aide au logement étudiant

«Nous supprimons la possibilité donnée aux étudiants et à leurs parents de cumuler l’aide personnalisée au logement et la demi-part fiscale pour enfant à charge. Il faudra choisir entre l'une et l'autre», a également annoncé François Baroin.

L'aide aux handicapés

Concernant l’aide aux handicapés, il confirme que l’allocation «sera bien augmentée de 25% mais en six ans au lieu de cinq». «Elle sera revalorisée de 3% l’an prochain au lieu des 4,5% prévus», a-t-il ajouté.

 

Les contrats aidés

François Baroin a enfin indiqué que «le nombre d’emplois aidés va passer de 400.000 à 340.000 l’an prochain. Nous allons progressivement réduire le taux de subvention de l'Etat. Dès cette année la part de salaire payée par l’état sera ramenée de 90% à 80% ce qui est encore très élevé».

Interrogé sur la baisse de TVA dans la restauration, François Baroin a déclaré qu'il n'y toucherait pas pour le moment. «Ce n'est pas d'actualité, car il faut un minimum de stabilité. Cette mesure est récente. Cela dit, pour le ministre du Budget que je suis, cette TVA réduite reste une très grosse niche fiscale. A terme, il faudrait certainement créer un taux intermédiaire, proche de 10 %, mais rien ne sera fait avant la prochaine élection présidentielle.»

 

A défaut, il entend supprimer dès 2011 l'exonération de charges sociales pour le restaurateur sur les repas pris par leurs employés sur le lieu de travail. «Une économie de 150 millions d'euros pour les comptes sociaux», a estimé le ministre.


(Source AFP)

Par cgt.upvd
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 11:43

http://www.ferc-sup.cgt.fr/site/img-cgt/ferc_coul.jpg

 

 

Communiqué FERC-Sup CGT

 

A propos de la dernière CPE des ITRF.


 

Depuis de nombreuses années, notre syndicat milite pour des promotions transparentes, des critères clairs et définis (évaluation, ancienneté depuis la dernière promotion, situation sociale etc.). Dans toutes les instances où nous sommes élus, contrairement à une longue tradition « maison », nous nous efforçons de présenter les promouvables selon ces critères, sans avoir négocié au préalable avec les exécutifs des services et la direction de l’Université mais sur la seule foi de critères rationnels et tangibles.

 

Malheureusement, le SNPTES continue, avec manifestement l’accord explicite de l’administration, les « petits arrangements entre amis ». Cette réalité s’est trouvée une fois encore confirmée lors de la dernière CPE des ITRF.

 

A cette occasion, un agent dont nous ne contestons pas, par ailleurs, les qualités professionnelles, s’est trouvé propulsé au 2eme rang des promouvables avec l’appui du SNPTES et de l’administration (lesquels présentaient bizarrement les mêmes listes…).

 

Cette personne qui se trouve actuellement adjoint technique de 1ère classe sera prochainement promue dans le corps de technicien. Cet agent fait donc un bond de deux grades et d’un corps, passant devant certains de ses collègues ayant autant de qualités professionnelles mais n’ayant pas la chance de travailler dans le service des ressources humaines. De facto, des agents situés à un grade supérieur et disposant d’une ancienneté plus importante, se retrouvent ainsi déclassés.

 

Les personnels noteront que nous les avons alerté depuis longtemps sur ce type de procédés dont nous pensions naïvement qu’il appartenait à une époque révolue. C’est bien pour cela que nous avons récemment milité pour faire cesser ces pratiques en attirant l’attention sur l’importance des votes des personnels en CPE. Plus que jamais nous appelons tous les agents à la vigilance et à nous rejoindre sur cette volonté de clarté et de transparence, indispensables au dialogue social à l’Université et à la justice sociale.

 

Il ne s’agit pas du seul classement où nous avons constaté des positionnements pour le moins étranges. Au vu des éléments à notre disposition, nous nous demandons sérieusement si les dossiers ont été véritablement consultés par l’administration.

 

 

Ainsi à l’UPVD, nous pouvons désormais dire que la recherche en Mathématiques a connu une grande avancée puisque nous sommes fiers de vous faire connaître une équation qui devrait faire date.

 

Les possibilités de promotion sont inversement proportionnelles au carré de la distance qui sépare le poste du « Château ».

 

A méditer…

 

 

La FERC-SUP CGT.

Par cgt.upvd
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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /Juil /2010 09:30

Source : SLOVAR les Nouvelles - Expressions Libres


Français, pour sauver le bouclier fiscal : Travaillez plus et ... gagnez moins !

Profitant d'un flottement du pouvoir qui, ne se sort pas de la "polémique Woerth ", quelques élus UMP ultra libéraux proposent de supprimer les 35H00 pour faire des économies, mais ne trouvent rien à dire au fait qu'on puisse rembourser 30 millions d'Euro à Liliane Bettencourt au titre du bouclier fiscal !

A l'UMP, lorsqu'on utilise l'expression "pas de tabou", la très grande majorité des français savent immédiatement qu'ils vont encore voir rogner leurs acquis sociaux. En ce qui concerne les plus aisés, c'est en général signe qu'on ne maintiendra les leurs !


Ainsi, alors que la logique voudrait, dans un pays ou plus de 4 millions de personnes sont au chômage ou en grande précarité, qu'on supprime l'exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires, tout en conservant l'actuelle durée du travail, afin d'essayer de permettre un peu plus d'embauches, Hervé Mariton, (l'ancien villepiniste)
affirme , sans rire : "à l'heure de l'austérité et de la lutte contre les déficits publics, ils sont de plus en plus d'élus de la majorité à pointer ouvertement que pour remédier à la dette de l'État, le meilleur moyen serait encore de modifier la durée légale du travail pour stimuler la croissance ... / ..."

Ben voyons, les entreprises croulent sous la demande et supplient tous les matins leurs salariés de bien vouloir travailler quelques heures de plus. A tel point d'ailleurs qu'on se demande s'il ne va pas falloir fermer Pôle Emploi, faute de clients !

Décidément dans un grand jour, Mariton a annoncé qu'il va lui-même : "proposer la suppression d'une journée de RTT, lors du débat sur l'orientation budgétaire, le 6 juillet ... / ... "

Fière de sa réélection "à la soviétique", Laurence Parisot qui est, sans nul doute, à l'origine de la brillante idée de "modifier la durée légale du travail pour stimuler la croissance"a déclaré : " nous ne cesserons pas de faire des propositions pour corriger définitivement ce système abracadabrant" - Source Les Echos et en a profité pour lancer : " la réforme de la réforme des 35 heures n'est pas achevée" - Source Le Figaro

Et enfin, Hervé Novelli, l'homme qui rapporte (et nous coûte) 2,5 milliards aux restaurateurs, qui déclare : "On peut imaginer plus de souplesse dans le temps de travail." Et à la question fatidique "Faut-il supprimer les 35 heures ?" : "J'en ai toujours été partisan ... /..."

Hervé Novelli, qui reconnaît que ces propositions ont un but éminemment électoral : " Notre électorat est très attaché à la valeur travail, à la promotion d'une société de l'activité plutôt qu'à une société qui privilégierait uniquement l'assistanat social " - Source Le Point

Etrange application du "travailler plus pour gagner plus" que celle qui, permettrait aux entreprises d'accroître la charge de travail, pour ceux qui en ont un, en ne leur payant plus d'heures supplémentaires. Le tout ne créant aucun emploi !

Mais pour en revenir à l'électorat dont parle Hervé Novelli, celui qui : "est très attaché à la valeur travail, à la promotion d'une société de l'activité plutôt qu'à une société qui privilégierait uniquement l'assistanat social". Y inclut-il ceux qui vivent de la rente, issue de l'héritage, comme Madame Bettencourt et qui se voient rembourser des sommes astronomiques par le fisc, au titre du bouclier fiscal ?

Car, comme l'écrit Le point : " .... / ...Le fisc a remboursé 30 millions d'euros à l'héritière de L'Oréal, en mars 2008 au titre du bouclier fiscal, affirme jeudi Mediapart. Selon une source "au courant du dossier" citée par le site d'information, les 30 millions d'euros ont été versés sur un compte de Liliane Bettencourt à la BNP à la suite d'une demande en ce sens des conseils de l'actionnaire principale de L'Oréal adressée entre fin janvier et début février 2008 ... / ... " - Le Point

Et sur le sujet, le "tabou" est total dans les rangs de ceux qui fustigent le " système abracadabrant " des 35H00 !

Oui, mais comme le dit Xavier Bertrand : "Remettons les pendules à l’heure : ceux qui gagnent de l’argent, je préfère qu’ils le gagnent en France plutôt que de le déplacer à l’étranger" - Source BFM

Ce qui est, effectivement, le cas de Madame Bettencourt, puisque : " le parquet de Nanterre avait alerté l'administration fiscale en janvier 2009 sur de possibles fraudes fiscales de la milliardaire Liliane Bettencourt"

Fraude qui semble avérée, dans la mesure où elle a déclaré :"J'ai décidé de faire procéder à la régularisation de l'ensemble des avoirs familiaux qui seraient encore aujourd'hui à l'étranger, en collaboration avec l'administration fiscale, il s'agit notamment du compte ancien que nous possédions en Suisse ... / ... " - Source Le Parisien

Compte qui serait, tout de même, alimenté à hauteur, de près de ... 80 millions d'euros. Par contre, pas un mot de l'îlot aux Seychelles ...

Néanmoins, le "gentil" Xavier Bertrand persiste et signe : " Le bouclier fiscal est devenu une sorte de boîte à fantasmes" ... un peu chère quand même ... mais tellement plus éthique que le " système abracadabrant des 35H00 " ...

Crédit image
Plantu par le Strip journal

Par cgt.upvd
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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 22:46

Entretiens

2010-06-16

Interview Marie-Jose Kotlicki

Réforme des retraites : l'opinion de la CGT des cadres et technicien-ne-s

YouTube

Des outils pour la bataille

Support d’intervention 1

Diaporama commenté : il est possible de financer une bonne retraite accessible dès 60 ans (PDF)

Support d’intervention 2

Le même diaporama, sans les commentaires (PDF)

Tract

Appel à la mobilisation du 24 juin (PDF)

Affiche

60 ans à taux plein, j’y tiens ! (PDF)

- Lire le FLASH fonction publique 335

 

 

 

 

retraites 2010

> Les dossiers > Retraites mardi 9 mars 2010


En complément, l’UGFF mettra à disposition des organisations et des militants un matériel plus spécifique à la fonction publique, qui ne se substituera pas au matériel confédéral, à la mi-mars.



Fichiers de présentation de la démarche de la CGT

La confédération a élaboré des fichiers de présentation de la démarche CGT concernant les retraites.

Un vaste débat doit se faire jour au sein non seulement de la CGT mais aussi de l’ensemble des salariés sur cet enjeu essentiel de l’année 2010.

De nombreuses réunions se tiennent déjà dans les départements, les entreprises et les services.

Ces supports servent de base aux interventions et peuvent être utilisés par l’ensemble des organisations de la CGT. Ils ont été conçus pour permettre une approche commune privé/public sur la retraite.

- fichier diaporama
- fichier PDF

Par cgt.upvd
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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 22:38

Le ministère du Travail affirme que le pouvoir d'achat des fonctionnaires a progressé de 3,6 % en 2009

[ 25/06/10  - 01H00  - Les Echos  - actualisé à 00:35:48  ] 2 commentaire(s)

La négociation salariale 2011-2013 s'ouvre aujourd'hui dans un climat extrêmement tendu.


Au lendemain d'une mobilisation sur les retraites très suivie par les fonctionnaires, le gouvernement ouvre ce matin un nouveau front en lançant la négociation salariale 2011-2013. Alors que la perspective d'un gel triennal du point d'indice (base du salaire des 5,2 millions de fonctionnaires) est envisagée, Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, devrait se garder de toute annonce aujourd'hui.  Les arbitrages ne devraient être dévoilés que lors de la deuxième séance de discussion, peut-être dès la semaine prochaine.

La séance d'aujourd'hui, dédiée à un bilan de l'évolution salariale des dernières années, a vocation à préparer le terrain. Dans un long document transmis aux syndicats, l'exécutif, qui martèle que «  le salaire ne se résume pas au point d'indice », rappelle les mesures mises en oeuvre ces dernières années : partage des économies réalisées grâce aux suppressions de postes, primes au mérite, garantie individuelle de pouvoir d'achat, etc.

Les syndicats contestent

Conclusion : «  Au global et au vu des données budgétaires, l'évolution de la rémunération moyenne des agents (...) est estimée à 3,7 % par an en 2008 et 2009 », soit, au regard de l'inflation, des gains de pouvoir d'achat «  de 0,9 % en 2008 (...) et de 3,6 % en 2009  ».

Les syndicats contestent fermement ces chiffres. Car ils prennent en compte l'évolution « naturelle » des salaires avec l'avancement à l'ancienneté (GVT), qui entraîne à elle seule des hausses de 1,5 % à 2 % (selon les ministères) par an en moyenne.  «  C'est trop facile de dire que le GVT est un outil de pouvoir d'achat. C'est un élément naturel du déroulement de carrière et il ne doit pas être pris en compte pour nous bombarder de statistiques ronflantes sur les salaires, d'autant que beaucoup d'agents sont arrivés au taquet de leur grille », insiste l'Unsa. Solidaires avance que «  la réalité, c'est qu'on a perdu 9 % de pouvoir d'achat depuis 2000 ».  Mercredi soir, l'intersyndicale, très remontée, s'est réunie (sans FO ni la CGC) pour arrêter un communiqué commun, qui sera lu en ouverture de séance. Il réclame une «  forte revalorisation du point d'indice ».  «  Réorganisation de l'Etat, retraites, salaires..Tout se cumule. On atteint un niveau de colère comme nous n'en avons jamais connu dans la fonction publique », prévient la CGT.  Les syndicats ne se font pas d'illusion sur l'issue des discussions, mais tous évoquent des actions à la rentrée. «  La messe ne sera pas dite avec la trève estivale », prévient la CGT. 

D.  P., Les Echos


 

 

 

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Les hausses de salaires des fonctionnaires sont reportées


La hausse de salaires des fonctionnaires prévue au 1er juillet a été reportée au-delà de cette date et "sera fonction d'arbitrages ministériels", selon des sources syndicales et ministérielles.

Supprimée ou juste reportée ? La hausse de 0,5% des salaires des fontionnaires, qui devait entrer en vigueur au 1er juillet selon des accords signés en 2008, fait l'objet d'annonces confuses ce vendredi.

Didier Bourgoin, secrétaire général de la FSU-fonction publique territoriale, a annoncé que cette hausse était reportée au-delà du 1er juillet et qu'elle serait "fonction d'arbitrages ministériels", ce qui laisse entendre qu'elle pourrait être remise en cause.

Didier Bourgoin a fait cette déclaration à l'issue d'une rencontre entre l'ensemble des syndicats de fonctionnaires CGT, FSU, FO, Solidaires, CFDT, CFTC, CGC, le ministre du Travail, Eric Woerth, et son secrétaire d'Etat à la fonction publique, Georges Tron, dans le cadre de la négociation salariale 2011-2013 qui s'est ouverte ce vendredi. Après avoir lu une déclaration commune sur l'importance de la revalorisation du point d'indice, les syndicats on claqué la porte de la séance.

La hausse des salaires des fonctionnaires est fonction d'"arbitrages budgétaires" non encore rendus, la décision finale devant être annoncée "aux environs du 1er juillet", a à son tour indiqué, dans la matinée, un communiqué commun aux ministères du Travail et de la Fonction publique.

 

"Pas remises en cause"

De son côté, le Premier ministre François Fillon a précisé en conférence de presse que la hausse du point d'indice n'était "pas remise en cause".

Le gouvernement avait fait savoir ces derniers jours qu'il envisageait un gel du point d'indice des fonctionnaires "dans un contexte de lutte contre le déficit". Georges Tron avait pourtant affirmé à plusieurs reprises qu'il souhaitait maintenir les engagements pris d'augmenter ce point d'indice.

 

latribune.fr

Par cgt.upvd
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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 22:33

http://article11.info/graphisme/bannierebon.jpg
Vendredi, tribunal correctionnel de Paris. Deux militants, accusés par la direction de la CFDT de « violation de domicile », comparaissent en appel. Le procès fait suite à une visite effectuée en 2005 au siège du syndicat pour lui demander des comptes sur son soutien à une modification des statut des intermittents. Ou quand une centrale se révèle moteur de la criminalisation du mouvement social.

Procès de deux militants : la CFDT, syndicat de coups bas

lundi 7 juin 2010, par Marie-Anne Boutoleau

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Deux militants, poursuivis pour l’exemple

Petit rappel des faits : le 19 avril 2005, une centaine d’intermittents, de chômeurs et de précaires répond à l’appel de la Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France. L’objectif ? Profiter d’une exposition au siège national de la CFDT – dont l’entrée est libre ce jour-là – pour demander des comptes à la direction de ce syndicat, atteint de graphomanie aïgue [1]. Ils réussissent à monter dans les étages, pour finalement atteindre la cafétéria, où ils espèrent obtenir une entrevue avec Annie Thomas, alors secrétaire générale de la CFDT - et ensuite devenue présidente de l’Unedic (poste qu’elle a quitté début 2010).

La CFDT est alors le seul syndicat à avoir refusé de discuter avec les collectifs d’intermittents de sa position sur la réforme de leur statut. Il faut dire que la centrale et ses dirigeants n’ont pas de quoi être fiers : François Chérèque lui-même a passé un deal avec Jean-Pierre Raffarin sur le sujet. En échange de sa signature sur la réforme des retraites de 2003, le gouvernement s’engageait à défendre la position de la CFDT (conforme – quel heureux hasard ! - à celle du Medef) sur le statut des intermittents [2].



Ces salariés précaires ne sont donc pas les bienvenus au siège de l’organisation, qui devrait pourtant les défendre. Et les manifestants sont pris à partie par les gros bras du syndicat (qui portaient des brassards «  Oui au TCE »…). Dans la bousculade, l’un des permanents syndicaux-vigiles tombe à terre et se blesse le petit doigt. Et quelqu’un s’empare également également d’une affiche vantant les mérites du dernier livre du saint-patron du lieu, François Chérèque. Suffisant pour que la CFDT porte plainte pour violences, vol et violation de domicile.

Problème : les flics n’ont relevé aucune identité suite à cette action, les rapports de police mentionnant même que les intermittents ont quitté « calmement » les lieux « après concertation entre les manifestants et des représentants de l’organisation syndicale ». Le constat des policiers après le passage de ces dangereux délinquants est même sans appel : « pas de violences, pas de dégradations ». De même, les enregistrements des caméras de vidéosurveillance, qui truffaient les locaux et auraient pu servir de preuve à l’accusation, ont malencontreusement été effacés et n’ont jamais pu être visionnés… Peut-être parce que, justement, ils ne prouvaient rien du tout ?

En manque de coupables, le syndicat ne capitule pourtant pas. Il parvient à dénicher deux « leaders », qui devront payer pour les autres : Michel Roger, fondateur et metteur en scène de la Compagnie Jolie-Môme [3], parce qu’il a été vu en train de lire un tract au mégaphone et parce que, voyant les nervis de la CFDT s’en prendre violemment à une militante, il s’est interposé en les appelant au calme ; et Ludovic Prieur, animateur du site hns-info, parce qu’il a rendu compte sur son site de la manifestation en avouant y avoir pris part. Concernant ce dernier, il a fallu au moins un an pour l’identifier, le temps pour les enquêteurs de découvrir la fonction "whois" permettant d’identifier le propriétaire d’un nom de domaine. Apprenant qu’il est recherché, Ludovic, en toute bonne foi, va d’ailleurs de lui-même se dénoncer aux autorités.

Mis en examen en avril 2007, ces deux terroristes en puissance sont jugés une première fois en janvier 2009. Le tribunal rejette à cette occasion les accusations de violence et de vol, mais les condamne pour violation de domicile à 2 000 € d’amende avec sursis et 1 € de dommages et intérêts à verser à la CFDT. Immédiatement, ils font appel. Ils sont défendus par maître Irène Terrel, avocate de toutes les luttes et qui a justement défendu Indymédia, attaqué il y a quelques années pour « injure publique » par François Chérèque [4]

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Du soutien, devant le tribunal comme dans le prétoire

Ce vendredi après-midi, le soleil est de la partie pour les deux cents personnes venues soutenir les deux inculpés. Parmi elles, la présence remarquée de salariés de Continental, d’EDF-GDF, mais aussi… de militants de la CFDT Snecma, entreprise qui fabrique des moteurs d’avions. L’enjeu est de taille : éviter une jurisprudence assimilant une occupation de locaux à une violation de domicile de personne morale, notion juridique éminemment « compliquée » [5], comme le soulignera Maître Terrel dans sa plaidoirie. Cette action de la CFDT vise à criminaliser l’occupation, mode d’action pourtant traditionnellement défendu et revendiqué par les syndicats. Et l’un des seuls moyens de se faire entendre pour des précaires et chômeurs dont le droit de grève n’est pas forcément reconnu.



Didier Bernard, lutteur de classe à Continental, résume bien la situation : « Ce qui nous embête dans l’histoire, c’est qu’on est habitués à lutter contre des patrons, contre l’oppression et la répression des patrons et qu’aujourd’hui le comble, c’est qu’on est tombés sur un appareil qui est censé représenter les travailleurs, les militants, les protéger et les défendre, les suivre dans différentes actions et opérations, et qui aujourd’hui fout des militants au tribunal. C’est le monde à l’envers… Déjà, on avait du mal avec les gouvernants et les patrons, et là on s’aperçoit qu’en plus il faut compter avec ceux qui jouent les "partenaires sociaux" en haut lieu – le terme est galvaudé. » Mais l’ouvrier de chez Conti tient à saluer les cédétistes qui ont eu le courage de venir cet après-midi : « Heureusement que les militants de terrain, eux, ont des convictions différentes de ces gens à haut niveau parce que sinon on serait dans la merde. Déjà, on n’est pas au beau fixe, mais si en plus on devait adhérer à ces gens-là ou leur être soumis, alors ce serait la chienlit ! »

Et c’est parti pour trois heures d’audience dans une salle à l’insonorisation vraiment mauvaise – c’est connu, la justice manque de moyens… Il faudra donc tendre l’oreille pour apprécier les récits des six témoins (directs et de moralité) qui vont défiler à la barre. Dont l’ancien employeur de Michel à la mairie de Paris, deux journalistes, un responsable de la CGT, mais aussi des collègues et amis des prévenus.
Parmi eux, un témoignage particulièrement poignant – il est même applaudi, au grand dam du tribunal –, celui d’Aline Pailler, productrice et intermittente à France Culture, syndicaliste à la CGT. Parlant de la Compagnie Jolie-Môme et de Ludo – dont elle considère que c’est en raison de ses activités de journaliste qu’il est attaqué (voir encadré, en bas de cet article) – , elle explique : « Ces gens sont là pour redonner des principes, car il faut des principes pour tenir debout. Les valeurs qui sont au cœur du travail des journalistes alternatifs et de la Compagnie Jolie-Môme redonnent de la dignité aux salariés aux côtés desquels ils luttent [6]. Ils donnent du sens, ils sont beaux et ils sont fiers. »
Aline Pailler s’en prend ensuite à la partie civile, dont elle note avec les autres intervenants cités par la défense et avec Maître Terrel le profond « mépris » pour le mouvement des intermittents : « L’avocat de la CFDT a osé dire en première instance que les caissières de Prisunic paient pour que les intermittents puissent ne rien faire. Je suis humiliée quand j’entends ça, mais les caissières de Prisunic aussi ! Car nous, nous savons ce qu’est la solidarité de classe ! Ce serait très grave si un tribunal acceptait d’interdire d’occuper un syndicat, car ça ôterait des outils de lutte. Il est d’ailleurs dommage que Chérèque ne soit pas là au lieu d’être dans les médias. On aimerait qu’il entende ce qu’on a à dire. » [7]

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Vous avez dit "solidarité de classe" ?

En réponse à Aline Pailler, l’avocat de la CFDT assume ses propos sur les caissières, et donne un grand cours sur l’assurance chômage, estimant que les intermittents jouissent d’un « privilège » qui leur permettrait de « cotiser trois ou quatre fois moins que les autres salariés » pour bénéficier des allocations chômage. Il explique qu’en effet, l’assurance chômage est « une belle expression de la solidarité de classe », mais c’est tout de suite pour souligner le manque de « solidarité » des militants qui sont venus visiter le siège du syndicat qu’il défend. Pour lui, ils ne représentent que « quelques éléments d’une catégorie bénéficiant d’un régime préférentiel, qui luttent à chaque négociation pour maintenir ou améliorer ce régime », qu’il qualifiera même à la fin de sa plaidoirie de « groupuscule totalement insaisissable ». N’y tenant plus, il s’exclame : « C’est un combat corporatiste ! »

Au contraire, la CFDT, organisation très peu représentée parmi les intermittents, défendrait l’intérêt général : « On reproche à la CFDT de réduire cet avantage substantiel en connivence avec le patronat. Mais si la CFDT n’était pas là pour batailler ferme face au Medef, le régime d’assurance chômage serait passé à la trappe depuis belle lurette ! » Le martyre du syndicat est insupportable : « La CFDT a toujours tort : parce que l’entrée est libre, parce qu’elle fait donner ses "molosses", ses "nervis" (comme si on voulait faire l’amalgame avec des organisations factieuses). L’entrée était libre car ce n’est pas un "bunker" [8], et ça c’est impardonnable. » Sic…
Revenant sur les prétendues voies de fait qui auraient été commises contre des salariés du syndicats (peu importe que ni les flics, ni la justice ne les aient reconnues) par « l’incursion de cette ruée » (re-sic), il justifie la plainte : la CFDT se devrait de protéger ses salariés (rappelons que ni le Medef, ni l’Unedic, eux-aussi occupés pendant le mouvement des intermittents, n’ont déposé plainte). Il demande donc « une décision de principe » tout en niant vouloir « criminaliser ce genre d’actions ».
Enfin, à bouts d’arguments, il tente de diffamer Michel en l’accusant d’être son propre employeur et de profiter du système de l’intermittence, au motif qu’il est directeur de la Compagnie Jolie-Môme tout en en étant salarié, dans le cadre d’une coopérative autogérée où les salaires sont égaux.

L’avocate générale appuie l’argumentaire du plaignant, parlant de « pénétration en force et en nombre » dans les locaux du siège de la CFDT – qui aurait donc été violé ? – et même d’« entrée manu militari », avec une hôtesse d’accueil «  tenue en respect ». « Je sais bien qu’on était dans un contexte revendicatif, mais la loi est la loi quelque soit le contexte (…). On est dans le symbole. Peu importe le combat qu’on mène, il y a des manières de le mener. » En est-elle si sûre ? Pas tellement, puisqu’elle semble déplorer que les témoignages soient «  contradictoires, on est version contre version ».

Après deux heures et demie de procès, la parole revient (enfin) à la défense. Afin de bien recadrer le débat, Maître Terrel entame une longue plaidoirie passionnée. Soulignant l’absence de partie civile et l’absence du vigile soit-disant molesté par les manifestants, elle met en garde le tribunal contre le « glissement dans l’affaire » que voudrait faire opérer le plaignant, qui ne cesse de mettre en avant des prétendues violences pour justifier la violation de domicile. Or, souligne t-elle, ses deux clients ne sont pas accusés de tels faits ; et même s’ils avaient eu lieu, ceux-ci seraient postérieurs à la violation de domicile, donc sans aucun rapport avec elle. La saisine du tribunal dans cette affaire est ainsi « totalement abusive » : les portes de la CFDT ayant été ouvertes ce jour-là, il ne saurait y avoir violation de domicile, sauf à procéder à un « étirement jusqu’à l’impossible de cette notion déjà compliquée de "violation de domicile de personne morale" ». De plus, l’élément intentionnel est lui aussi absent, la Coordination des intermittents et précaires ayant précisément choisi ce jour-là pour ne pas avoir à forcer l’entrée. Maître Terrel rappelle aussi la disparition des films des caméras de vidéosurveillance qui auraient pu prouver l’infraction ou les rapports de police, « d’habitude pas en faveur des prévenus, là c’est extraordinaire ».

L’avocate de Michel et Ludovic souligne enfin que la façon dont ils se sont retrouvés sur le banc des accusés est « extrêmement choquante ». Elle dénonce le procédurisme de François Chérèque et de sa centrale : « En ce moment, la CFDT attaque coup sur coup mais ne vient jamais aux procès qu’elle intente ». Et explique sa plainte par une « peur [du syndicat] de se faire occuper à force de signer des accords ».
Une plainte « grave, puisqu’elle vise à faire passer une occupation pour une violation de domicile. Or, la CFDT elle-même organise des occupations. C’est un outil de lutte reconnu de tous temps comme tel par les syndicats ». Et Maître Terrel de rappeler au tribunal qu’« on essaye de criminaliser ces conflits sociaux », mais que « ce n’est pas son rôle ». Elle conclut sa plaidoirie en lisant des extraits du jugement déboutant François Chérèque face à Indymédia.

Voilà, fin d’un procès éminemment politique. Les deux accusés, à qui revient le dernier mot, tiennent à souligner la présence d’ouvriers en lutte et de membres de la CFDT parmi les manifestants venus les soutenir, afin de faire définitivement un sort à l’accusation de « corporatisme ». De retour à la lumière du jour, ils tiendront à remercier chaleureusement ces soutiens.
Le verdict sera rendu le 17 septembre prochain.

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(En annexe) CFDT contre hns-info : menace sur le droit d’informer des médias alternatifs

On l’a dit, les têtes de la CFDT aiment s’en prendre aux médias alternatifs, tout en paradant en permanence dans la presse dominante. Fait admirable également : aucun "grand" média n’a fait le déplacement à ce procès, ou alors il nous a échappé. Nous avons voulu avoir les réactions de Ludovic Prieur et d’Aline Pailler sur cette atteinte au droit d’informer et sur le silence assourdissant des médiats dominants à ce sujet.

- Ludovic Prieur : «  Je ne me considère pas comme journaliste, je suis un activiste de la communication. Et bien sûr que c’est une atteinte, parce que ça veut dire qu’en fin de compte aujourd’hui, pour écrire un article de presse dans une situation un peu conflictuelle, et bien si on n’a pas de carte de presse, on est poursuivi. Ça signifie qu’en fin de compte, on annihile toute possibilité d’information alternative, citoyenne – comme on veut la nommer. Et oui, donc c’est grave ! Maintenant, moi je vais faire une petite provocation, quand même : si les médias ne suivent pas, c’est peut-être parce que ça ne les intéresse pas de défendre ce droit, justement. Parce qu’on a été accusés de "corporatisme" par la CFDT, mais quand même là il y a un petit truc corporatiste de la part des médias : puisqu’on n’est pas des journalistes, et bien ce n’est pas un problème qu’on ne puisse pas écrire. »

- Aline Pailler : « Ce qui est reproché à Ludovic Prieur du fait qu’il ait été dans l’action, "dans la mêlée" dit-il dans son article, c’est ce qui est au cœur d’un courant journalistique traversé par Jack London, Albert Londres, Aubenas pour son dernier bouquin. C’est-à-dire ce journalisme qui effectivement est dans la mêlée, au cœur de l’action pour pouvoir la relater. Le fait que le média soit alternatif n’a rien à voir, à mon avis. [...] Avoir conscience de la nature du paysage audiovisuel et de la difficulté à pouvoir y exercer son métier en toute liberté donne encore plus de sens aux médias alternatifs.[...] Et puis, ça ne choque personne qu’un journaliste mange sans arrêt dans les cocktails, mais par contre s’il est dans les manifs là il n’est plus journaliste. Ça veut dire quoi ça ? »

Notes

[1] Maladie qui le contraint à signer tous les reculs sociaux voulus par ceux qui nous gouvernent.

[2] Cet épisode a été relaté dans un article du Monde datant du 27 septembre 2007 et consultable en PDF sur le site de la CGT spectacle de Bretagne.

[3] La Compagnie Jolie-Môme a d’ailleurs produit tout un dossier sur le procès et ses enjeux : à consulter ICI.

[4] Le site avait évoqué l’occupation du siège de la CFDT et dénoncé les accords signés. François Chérèque a finalement été débouté.

[5] À la base, la "violation de domicile" ne s’applique qu’aux domiciles des particuliers et a pour objectif de protéger la vie privée. La jurispridence a introduit des cas de «  violation de domicile d’une personne morale », mais cette notion reste très discutée. En tout état de cause, il ne saurait y avoir violation de domicile si, comme l’explique Maître Terrel, « le domicile est ouvert à tous vents ».

[6] Et Aline Pailler de mettre en avant, entre autres, la présence des Conti dans la manif devant le tribunal.

[7] La transcription des propos tenus au cours du procès est faite à partir de notes manuscrites, puisqu’il est interdit d’enregistrer dans une salle d’audience et que de toute façon l’acoustique l’aurait empêché.

[8] Même si ça l’est devenu depuis : installation d’un sas d’entrée, renforcement des dispositifs anti-SDF avec la mise en place d’une baie vitrée ayant fait disparaître le préau qui entourait le bâtiment (et sous lequel on avait déjà planté des cailloux pour empêcher les indésirables de s’allonger).

Par cgt.upvd
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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 22:29

Le Monde  7 juin 2010

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01-2009-sarko-ps-bouton.1267116793.jpgDominique Rousseau est professeur de droit public à l’université de Montpellier I, membre de l’institut universitaire de France et ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature.


Quel est selon vous l’état des libertés en France ?

En apparence, tout va bien. On peut manifester, acheter des journaux, aller et venir, … En réalité, force est de constater une régression générale des libertés publiques au profit d’une politique de sécurité. Cette régression est invisible, elle se fait par petites touches, loi par loi, un peu à la manière impressionniste : il faut prendre du recul pour apprécier le tableau.


 Lorsque l’on compare un à un les articles de la Déclaration des droits de 1789 aux lois votées depuis 2002, force est de constater qu’il y a une régression. L’article 11, par exemple, pose le principe de la libre communication des pensées et des opinions. Pour lui donner plein effet une loi de 1986 avait retiré à l’exécutif le pouvoir de nommer le président de France-télévision et de Radio-France. Une loi de 2008 a redonné au président de la République le pouvoir de procéder à ces nominations. L’article 13« doit être également réparti entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés contributives », c’est-à-dire, de leurs revenus. Aujourd’hui, avec le bouclier fiscal, les revenus modestes paient plus que les hauts revenus.

La comparaison peut se faire tout aussi bien avec le Préambule de la constitution de 1946, puisqu’il a valeur constitutionnelle. Article 5 : « chacun a le droit d’obtenir un emploi ». Est-ce qu’aujourd’hui les politiques menées par l’Etat permettent la satisfaction de ce droit ? On assiste à un démantèlement du droit du travail. Article 11 : « la Nation garantit à tous la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs » et pourtant la liste des médicaments non remboursables ne cesse d’augmenter,  on remet en cause la retraite à 60 ans qui est le seul patrimoine des salariés. Article 13 : « la Nation garantit l’égal accès à l’instruction » alors que le gouvernement supprime des postes d’enseignants et propose d’augmenter le nombre d’élèves par classe.


Et sur le plan pénal ?

Ce n’est plus une régression, c’est une véritable rupture. La loi sur la rétention de sûreté de février 2008 rompt avec la politique pénale humaniste puisqu’elle permet de maintenir enfermée une personne qui a terminé sa peine, au motif qu’elle est potentiellement dangereuse. Cette loi est contraire au principe de la présomption d’innocence ,énoncé à l’article 9 de la Déclaration de 1789 : elle repose sur la dangerosité potentielle d’une personne et non sur une culpabilité fondée sur des faits. Il y a encore une rupture dans la distinction du droit pénal des mineurs et les majeurs, que le gouvernement s’efforce de rapprocher depuis 2007, la jeunesse est vécue comme délinquante.

Et le projet de réforme de la procédure pénale ne favorise pas l’indépendance de l’autorité judiciaire. Au contraire, puisqu’il est proposé de transférer les pouvoirs d’enquête au parquet qui est dans une relation de subordination hiérarchique à l’égard de l’exécutif – comme l’a condamnée la Cour de Strasbourg – alors qu’ils sont aujourd’hui entre les mains d’un juge indépendant.

Tout cela crée, par petites touches, – la loi sur les bandes, les peines plancher, le bracelet électronique – une atmosphère beaucoup plus favorable à la peur, à l’insécurité, à la méfiance, et fait tache sur l’état des libertés.


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Pourriez-vous dater ces changements ?

Le basculement se fait je crois en 1997, au colloque de Villepinte, lorsque la gauche, pour des raisons électoralistes, se rallie à la conception de la droite en posant la sûreté comme la première des libertés. C’est une formule détestable, et une imposture : nous n’avons pas gagné en sécurité, mais nous avons perdu en liberté. Il faut revenir au principe démocratique : la liberté est la première des sécurités.


Le terrorisme a-t-il accéléré le recul des libertés ?

Le terrorisme a été un prétexte, apparemment de bon sens, pour restreindre les libertés. On le voit bien en Grande-Bretagne, où le nouveau gouvernement revient sur les lois sécuritaires votées par Tony Blair et Gordon Brown. L’explication doit plutôt être cherchée dans le « grand dérangement », selon l’expression du socilologue Georges Balandier, que connaissent les sociétés contemporaines. On passe d’une société à une autre, et les pouvoirs en place redoutent l’expression collective des libertés qui ferait les citoyens auteurs des nouvelles règles du vivre ensemble. D’où la répression de ceux qu’on appelle « les désobéissants » : les instituteurs qui refusent la base-élèves, les consommateurs qui inventent les systèmes d’échanges locaux (SEL), … Plutôt que de faire de la liberté une chance pour imaginer la société qui vient, le gouvernement, en mettant l’accent sur la peur, instille dans le corps social l’idée que la liberté est dangereuse.


La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) n’est-elle cependant pas un progrès ?

qpc.1275840019.pngC’est le seul point sur lequel il y a une avancée. La garantie des droits, disait Montesquieu, repose à la fois sur un équilibre des pouvoirs et sur le droit au juge. L’équilibre des pouvoirs, on ne l’a pas malgré la révision de 2008 qui a consacré la primauté du bloc exécutif-majorité parlementaire. En revanche, avec la QPC, le justiciable a gagné un droit1, celui de pouvoir soulever devant n’importe quel juge la question de la constitutionnalité de la loi qu’on veut lui appliquer. C’est une réforme capitale. Et le Conseil constitutionnel, malgré sa composition discutable, reste aujourd’hui l’institution qui permet que soient discutées les lois au regard des droits et libertés fondamentales. Ces droits, ceux de 1789, qui apparemment gênent. Lorsque le Conseil d’Etat dit que l’interdiction de la burqa n’a pas de fondements juridiques solides, le premier ministre répond, « je sais mais je vais prendre le risque de l’inconstitutionnalité ».

Il est toujours grave pour la démocratie que ses plus hauts représentants fragilisent ainsi le droit et les institutions qui le font vivre au temps présent. Car, dans nos sociétés sécularisées, si la régulation sociale ne se fait pas par le droit, elle se fera par le marché. D’où la responsabilité des clercs de dire haut et fort qu’il est important de respecter le droit comme code d’une construction démocratique de la volonté générale.


——–


1. “Nous assistons à un bouleversement juridictionnel et juridique”, Le Monde du 2 juin 2010.

Par cgt.upvd
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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 22:20

 

Observatoire des inégalités
http://www.inegalites.fr/spip.php?article1238
Les inégalités face aux retraites
mercredi, 16 juin 2010
http://media.paperblog.fr/i/277/2779671/mise-retraite-doffice-repousse-65-ans-sncf-ra-L-1.jpeg
Un cadre reçoit un montant total de pensions de retraite – cumulé tout au long de sa vie - trois fois plus élevé qu’un ouvrier. La réforme des retraites va accroître encore les inégalités en la matière. Les explications de Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.

Un cadre à la retraite reçoit un montant total de pensions de retraite – cumulé tout au long de sa vie, voir graphique - trois fois plus élevé qu’un ouvrier. Alors que le premier peut compter sur un total de 816 000 euros selon nos calculs, le second ne touchera que 282 000 euros. Normal ? Injuste ? Les inégalités face à la retraite sont souvent très mal expliquées. La hausse de l’âge légal, qui pénalise au premier chef ceux qui ont commencé à travailler tôt, est la mesure la plus inégalitaire. Tentative d’éclaircissement.

 

Retraites et inégalités : les facteurs en jeu

Le premier facteur qui alimente les écarts de pension est lié à leur mode de calcul. Les retraites sont proportionnelles aux niveaux des salaires. Les inégalités de retraite reflètent d’abord les écarts qui existent en matière de fiches de paie (voir notre article).

Mais les mécanismes du système de cotisations permettent aussi aux cadres de toucher plus, car ils cotisent davantage pour la partie dite « complémentaire » de la retraite. Le système de retraite français est en effet composé de deux étages : un régime de base et un régime complémentaire. Dans le privé, la pension du régime général de la Sécurité sociale équivaut à la moitié du salaire perçu au cours des 25 meilleures années, avec un plafond fixé en 2010 à 2 885 euros par mois. Dans la fonction publique, la pension équivaut aux trois-quarts du dernier traitement (salaire de base hors prime). En outre, un régime additionnel créé en 2003 permet aux fonctionnaires de cotiser un peu sur les primes qu’ils perçoivent en plus de leur traitement. Le régime complémentaire du privé sert à cotiser sur la partie élevée du salaire à un taux plus important (20 % environ). Enfin d’autres systèmes permettent d’utiliser une partie de son épargne pour financer ses vieux jours.

 

Espérances de retraite par catégorie sociale

 

 

Le deuxième facteur qui explique les inégalités est la durée de vie. En moyenne, à l’âge de 60 ans, un cadre peut espérer vivre 23,3 ans, un ouvrier 17,4. Soit six années ou un tiers de pensions de retraite de plus (voir notre article). Les écarts d’espérance de vie en bonne santé sont encore plus grands. A 35 ans, l’écart d’espérance de vie entre cadres supérieurs et ouvriers est de six ans, mais il est de 10 ans pour l’espérance de vie sans incapacités. Les écarts entre milieux sociaux tendent même à s’accroître chez les hommes. Cette inégalité est liée à un très grand nombre de raisons complexes, qui vont des habitudes de vie (alimentation par exemple) aux conditions de travail, en passant par la relation au système de soin qui n’est pas la même selon les catégories sociales.

 

Travailler tôt et partir tôt

Le système français est double : il combine un âge de départ et une durée nécessaire de cotisation pour obtenir une retraite complète. Il existe en réalité un âge « légal » (60 ans) auquel on a le droit de partir. Mais on ne touche alors une pension complète que si l’on a cotisé suffisamment : 41 ans en 2012 (soit 164 trimestres pour tous ceux nés après 1952), c’est-à-dire pour un peu plus de la moitié de sa vie pour les hommes, un peu moins pour les femmes. Cet âge est « théorique » pour ceux qui ont commencé à travailler trop tardivement, car il ne permet pas d’accéder à une retraite pleine s’ils n’ont pas validé le nombre suffisant de trimestres. A 65 ans, tous les salariés peuvent toucher leur retraite à taux plein, mais toujours en proportion des trimestres cotisés : il ne s’agit donc toujours pas d’une pension pleine.

Un système calculé uniquement en fonction d’une durée de cotisation et non d’un âge légal est plus juste. Ceux qui ont commencé tôt partent plus tôt. Les écarts d’espérance de vie sont alors partiellement compensés pour la retraite par le fait que les salariés les moins qualifiés commencent à travailler de façon précoce. C’est sur cette base que certains métiers particulièrement pénibles – comme les mineurs ou les conducteurs de train à vapeur – ont obtenu le droit de liquider leurs retraites à taux plein encore plus jeunes (50 ans). D’autres professions qui nécessitent une bonne condition physique ont aussi bénéficié d’âges de départ anticipés (policiers et contrôleurs aériens à 50 ans, infirmiers à 55 ans). Quoi qu’il en soit, pour de nombreuses raisons, un système de retraite a toujours besoin d’un âge légal maximum, sinon certains salariés seraient contraints de travailler jusqu’à leur mort.

La barre des 60 ans favorise ceux qui disposent d’une espérance de vie plus longue ce qui augmente les inégalités. Mais à cet âge, ceux qui ont commencé tardivement ne touchent pas leur retraite à taux plein, ce qui atténue cet effet… Pour un certain nombre de salariés, l’âge de départ est déjà de fait de 65 ans. L’inégalité est la plus forte pour ceux qui ont cotisé leurs 40 années avant leur soixantième anniversaire, souvent dans des métiers très difficiles, peu qualifiés, dont la pénibilité n’est pas reconnue pour leur retraite. D’où la mise en place de dispositifs de départ anticipé ou de bonus pour ceux qui ont travaillé au-delà de leurs 60 ans. Le dispositif de départ anticipé pour « carrières longues » créé en 2003 autorise les personnes qui ont commencé à travailler très jeunes (avant 17 ans) à prendre leur retraite avant 60 ans, au mieux à 56 ans, dès lors qu’ils ont validé 168 trimestres. Ce qui représente 42 ans de travail tout de même.

 

Comment comprendre dans ce contexte le débat actuel sur la réforme des retraites ? [1]

Si fixer un âge de départ est plus inégalitaire qu’une durée de cotisation, plus on élève cet âge, plus le système est injuste : les plus pénalisés seront ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt, pour les autres, l’élévation de l’âge peut même n’avoir aucun effet. Pour eux, c’est la durée de cotisation qui devrait être d’abord être prise en considération. Même si, on l’a vu, il faut toujours fixer un âge limite d’activité.

La question fondamentale qui se pose est celle du lien entre la pénibilité du travail, l’espérance de vie et la durée de cotisation. Les métiers qui aujourd’hui sont les plus pénibles, qui « usent » le plus ne sont plus ceux qui permettent de partir le plus tôt et de profiter de sa retraite le plus longtemps. Les mineurs ont disparu et notre système a mal vieilli. Aujourd’hui, les TGV ont remplacé les machines à vapeur et leurs conducteurs partent à la retraite à 50 ans en moyenne, dix ans avant les maçons… L’âge moyen de départ est ainsi de 54,8 ans à la RATP ou 55,4 ans à EDF pour des métiers qui ne sont pas toujours les plus pénibles [2].

Au cours des 50 dernières années, l’espérance de vie a gagné 11 ans, on peut imaginer qu’une fraction soit consacrée au travail [3]. Cela a d’ailleurs déjà été le cas avec le passage de 37,5 à 40 ans, décidé en 1993 pour le secteur le privé et en 2003 pour le secteur public. Encore faut-il tenir compte des écarts entre les professions. L’un des grands enjeux du débat actuel sur le système de retraites est de définir ce degré d’usure. La définition de la pénibilité est particulièrement difficile, comme l’est sa mesure : ainsi, on ne dispose par exemple d’aucunes données sur les espérances de vie détaillées par catégories sociales.

Malheureusement, ceux qui disposent des métiers physiquement les plus durs ne sont pas toujours ceux qui ont le plus de poids dans le débat public, notamment du fait de leur faible représentation syndicale (bâtiment, grande distribution, hôtellerie-restauration, etc.). Les maçons ou les caissières sont peu syndiqués et n’ont pas les moyens de paralyser longtemps le pays. Les conditions de travail de certains salariés des services doit être pris en compte, notamment pour les moins qualifiés (centres d’appels, vendeuses, etc.). Il n’en demeure pas moins que les contraintes physiques que rencontrent les travailleurs manuels de l’industrie restent celles qui usent le plus l’organisme.

La durée de cotisation est donc un élément déterminant. Lui donner plus de poids et moins à l’âge permettrait de réduire les inégalités entre catégories sociales. Encore ne faut-il pas perdre de vue qu’avant toute chose, il faut que chacun retrouve un emploi et que c’est d’abord en améliorant les conditions de travail et en réduisant le nombre des métiers les plus durs physiquement que l’on permettra au plus grand nombre de profiter d’une retraite bien méritée…

 

Noam Leandri et Louis Maurin

 

Retraites par catégorie sociale
Les cadres profitent plus de leur retraite que les ouvriers

Espérance de vie à 60 ans (*)
1999-2003
Retraite moyenne par mois (**)
2007
Espérance de retraite
Cadres 23,3 ans 2 924 € 816 891 €
Professions intermédiaires 22,3 ans 2 067 € 553 220 €
Indépendants 21,1 ans 1 933 € 489 059 €
Employés 22,7 ans 1 588 € 432 188 €
Agriculteurs 21,7 ans 1 419 € 370 021 €
Ouvriers 17,4 ans 1 354 € 282 911 €
 
Ecart cadres / ouvriers 5,9 ans 1 570 € 533 980 €
* Espérance de vie à 35 ans en 1999-2003 réduite de 25 ans et pondérée de la proportion de femmes dans la catégorie sociale en 2008. ** Niveau de vie moyen des anciens actifs en 2007.
Source : INSEE
Nos calculs L’estimation ci-dessus ne prend pas en compte l’âge effectif de départ à la retraite car ces statistiques ne sont pas diffusées par catégorie sociale malgré les demandes que nous avons adressées aux organismes publics. Mais il est généralement admis que les cadres partent plus tard car ils ont souvent commencé à travailler après de plus longues études et aussi parce que leur métier est moins pénible.

 

 

Et les femmes ?

Bénéficiant d’une espérance de vie très supérieure à celle des hommes (environ 7 années), les femmes sont théoriquement favorisées en matière de retraites sur l’ensemble de la durée de vie. Reste qu’au moment du départ, les femmes perçoivent une pension inférieure de 42 % à celle des hommes en moyenne. Ceci pour deux grandes raisons : d’une part les femmes sont en moyenne nettement moins rémunérées que les hommes, d’autre part un grand nombre d’entre elles n’ont eu que des carrières incomplètes, liées notamment à la maternité.

En outre, si les femmes vivent plus longtemps, leur santé est relativement moins bonne à un âge élevé. A 60 ans, l’écart d’espérance de vie sans incapacité dans les activités en général entre hommes et femmes - 1,3 année - est beaucoup plus réduit que l’écart d’espérance de vie totale, 4,2 ans (lire le document de l’Ined).

 

Les retraites par sexe
Les femmes percoivent une retraite inférieure à celle des hommes

Hommes
en €
Femmes
en €
Ecart
en %
2004 1 314 724 -45 %
2005 1 346 744 -45 %
2006 1 373 771 -44 %
2007 1 396 799 -43 %
2008 1 426 825 -42 %
Montant moyen de la retraite mensuelle, y compris complémentaire et réversion pour les veufs et veuves.
Source : Ministère de la santé (DREES)

 

Pour aller plus loin :
- Les retraités et les retraites en 2008, Direction de la recherche et des études économiques, ministère de la santé, avril 2010.

Par cgt.upvd
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